31 January 2023
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Interview. Hugo Fauroux (Charleston Battery) : « Aux États-Unis, les coachs misent sur le physique et la tactique »

Interview. Hugo Fauroux (Charleston Battery) : « Aux États-Unis, les coachs misent sur le physique et la tactique »

Passé par le centre de formation de l’AS Monaco, Hugo Fauroux a rejoint très tôt les États-Unis avec l’objectif de lancer sa carrière professionnelle. Après avoir longtemps fait ses classes dans le championnat universitaire américain, le gardien de 25 ans a rejoint le mois dernier le Charleston Battery en United Soccer League, la deuxième division professionnelle des États-Unis. L’occasion pour l’ambitieux Cannois de raconter son parcours entre études et entraînements.  

Bonjour Hugo, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

J’ai commencé ma formation à l’AS Cannes à l’âge de 5 ans. J’y ai passé une dizaine d’années jusqu’aux U17, puis je suis parti à l’AS Monaco. J’ai fait 2 saisons avec l’ASM, puis j’ai traversé l’Atlantique pour rejoindre Lake Erie College pendant 2 ans, puis Florida International, au niveau universitaire. J’ai ensuite signé mon premier contrat professionnel en Norvège ou je ne suis resté que 6 mois. Après quelques mois sans club, j’ai signé pour Austin Bold qui fait partie de l’USL Championship, la deuxième division professionnelle des États-Unis. Je suis maintenant à Charleston Battery, dans la même division.

Vous avez débuté votre formation à Cannes avant de rejoindre l’Académie de l’AS Monaco en 2013. Quel souvenir gardez-vous de cette période ?

L’AS Cannes, c’est le club qui m’a fait aimer le football. Dans les catégories de jeunes, on était toujours l’une des meilleures équipes. On a fait des tournois de partout en Europe, c’était vraiment une bonne époque. Ensuite, j’ai eu l’opportunité de signer à l’AS Monaco, qui est mon équipe de cœur. C’était mon rêve, c’était un choix facile ! Là-bas, j’ai eu la chance d’avoir Stéphane Porato et Bruno Valenconi comme entraîneur des gardiens, ce qui m’a beaucoup fait progresser. Je rêve d’y retourner un jour. J’ai vécu deux belles saisons, même si ça n’a pas abouti sur un contrat professionnel !

Dans le monde du football, le poste de gardien souffre parfois d’un manque de reconnaissance et de médiatisation. Pourquoi avoir choisi ce poste plutôt qu’un autre ?

C’est vrai que gardien de but, c’est une position à part. On est une cible facile. Tu peux faire une saison exceptionnelle, et te louper sur un match et tout le monde oublie le positif. Malheureusement, c’est comme ça, mais ça nous rend plus forts mentalement. Il faut toujours être prêt. C’est ce que j’aime dans ce poste, on est seul contre tous. Et la communauté des gardiens est forte, on se soutient tous entre nous, parce qu’on sait à quel point c’est difficile. J’ai commencé le football en tant que joueur de champ, et le coach m’avait mis aux cages pour un tournoi et ça s’était super bien passé, j’avais adoré le feeling de pouvoir sauver mon équipe. C’est le meilleur choix que j’ai fait.

Hugo Fauroux avec les Florida International University Panthers en 2018. (Photo : Florida International University)

En 2015, vous quittez la France pour poursuivre votre formation aux États-Unis. Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce choix ?

Je n’ai pas eu d’opportunités pour signer professionnel en France ou ailleurs. J’avais commencé la saison avec les seniors de l’AS Monaco, mais j’ai entendu parler du système universitaire aux États-Unis, où je pouvais étudier et jouer au foot à un bon niveau en même temps. J’ai commencé ce projet avec mon meilleur ami et c’est vraiment la meilleure décision de ma vie. Beaucoup de gens ont douté de ma décision, mais maintenant j’ai un diplôme et je suis joueur professionnel, donc c’était le bon choix.

Comment se sont passés vos premiers mois aux États-Unis ?

Ce n’était pas évident d’être loin de ma famille. Je n’avais jamais vécu hors de la Côte d’Azur. Partir à 18 ans dans un pays où je connaissais à peine la langue, c’était dur. Mais je me suis accroché et je me suis concentré sur mes objectifs, et même s’il m’a fallu quelques mois pour m’adapter, tout s’est bien passé.

 

« Aux États-Unis, les coachs misent sur le physique et la tactique »

 

Vous avez donc poursuivi votre formation aux États-Unis. Avez-vous constaté des différences avec la formation en France ?

La différence est énorme. Ce qu’il faut comprendre c’est que dans le système universitaire américain, les études sont très importantes. Donc même si l’on avait entraînement tous les jours, on passait le reste de la journée en classe ou a étudier. Les coachs sont très stricts sur ça. On doit garder une moyenne de note élevée si l’on veut jouer. Ensuite, en termes de football, c’est beaucoup moins technique qu’en France. Les coachs misent sur le physique et la tactique, plus qu’autre chose. Ce qui m’a beaucoup aidé dans mon développement, car j’étais plutôt un gardien technique que physique.

En 2019, vous vous engagez avec le club norvégien de Valdres. Vous y disputez 8 matchs avant la relégation du club en cinquième division. Que retenez-vous de cette saison ? Est-ce une expérience formatrice ?

Ah Valdres… Pour moi, il faut apprendre de chaque expérience. C’est sur que ça ne s’est pas passé comme je l’espérais. Beaucoup de promesses n’ont pas été tenues. C’est dommage, car il y avait vraiment les moyens pour faire quelque chose de bon. J’ai joué les 8 matchs à moitié blessé, puis la moitié de l’effectif est parti. Il ne restait que des jeunes locaux de 16-17 ans. Mentalement, c’était dur, très dur, mais j’ai tout donné jusqu’au dernier jour. C’était le moment pour moi de chercher une nouvelle opportunité.

L’an dernier, vous signez avec Austin Bold en USL. Accéder au deuxième échelon du football aux États-Unis, qu’est ce que ça a représenté pour vous ?

Avant de signer à Austin, j’ai eu beaucoup de doutes. Je devais signer à Bastia-Borgo, en National, puis ça ne s’est pas fait au dernier moment à cause de mon statut professionnel qui a compliqué les choses. J’ai joué en amateur, et j’ai essayé de garder la motivation. Je m’entraînais tout seul, je ne pouvais pas abandonner. Quand l’offre d’Austin Bold est arrivée, c’était un soulagement. L’entraîneur des gardiens Ryan Thompson m’a donné une chance, et je lui en serai toujours reconnaissant pour cela. Le départ aux États-Unis en 2015 avait enfin porté ses fruits.

Début mars, vous rejoignez le Charleston Battery. Comment se passent vos premières semaines au sein du club ?

Le club d’Austin a fait faillite, et j’ai signé pour Charleston. C’est le club le plus ancien de la ligue. Tout est mis en place pour qu’on réussisse. Le staff est très professionnel, et j’ai sûrement un des meilleurs entraîneurs des gardiens du pays. Sur le terrain ça n’a pas bien commencé, mais on va monter en puissance match après match !

Le football occupe une place de plus en plus importante dans la culture sportive américaine. Ressentez-vous un réel engouement pour le club lors de vos déplacements en ville et lors des matchs ?

Comme je l’ai dit, le club est le plus ancien de la ligue donc on a pas mal de fans. Ça reste léger comparé à l’Europe et à la MLS, mais on a entre 3000 et 5000 personnes à nos matchs. Nos supporters voyagent aussi dans le pays entier pour voir nos matchs à l’extérieur. Dans plusieurs grandes villes, le football n’est pas le sport le plus réputé, mais ici à Charleston, on est la seule équipe professionnelle donc il y a un réel engouement pour le club. Le « soccer » monte en puissance partout dans le pays. Ça met du temps, mais je pense que dans les 10 prochaines années, beaucoup de joueurs européens seront ici.

Quels sont vos prochains objectifs personnels et avec votre club ?

Les objectifs du club sont de construire une équipe qui se qualifiera aux play-offs chaque année, et pourquoi pas aller chercher un titre dans les saisons à venir. Individuellement, je veux jouer le plus de matchs possible et monter les échelons. Je garde aussi le rêve de revenir jouer en Europe. Je suis arrivé jusque là en travaillant dur chaque jour, et je vais tout faire pour réaliser mes objectifs.

 

 

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